Est-ce que vous reconnaissez dans le portrait qui suit...
... Vous n'avez pas la fibre commerciale, aller à la chasse aux clients, ce n'est pas votre tasse de thé. Vous sentez bien que vous n'avez pas la gnaque ou le tempérament à séduire le prospect.
... Ou alors, commercialiser vos prestations ce n'est pas un problème pour vous. Vous le vivriez très bien si vos performances étaient à la hauteur de l'énergie et du temps que vous y consacrez. Vous avez du mal à convertir un prospect en client. Les propals que vous émettez ne vous apportent pas autant de contrats que vous aimeriez.
... Vous êtes un expert dans ce que vous faites. Vous savez en parler. Vous ressentez de la passion pour votre métier. Vous avez de l'expérience.
... Vous n'avez pas de clients ou très peu. Pas assez pour vous permettre de vivre sur des recommandations de leur part ou du bouche à oreille. Peut-être avez vous des réticences à leur demander des contacts à prospecter.
... Votre marché est atomisé. Il est constitué de petites entités dispersées.
... Les missions que vous obtenez sont des contrats dont les montants représentent quelques centaines d'euros, voire quelques milliers d'euros pour les plus élevés, mais ces derniers sont rares. Autrement dit, pour pouvoir dégager un chiffre d'affaires décent, il va vous falloir multiplier les clients et donc accroître l'effort commercial. Or dans ce domaine, vous vous sentez frustré par vos manques de résultats, voire incompétent.
... Vous vous sentez isolé. Vous aviez l'habitude, ou vous appréciiez, le travail en équipe.
Pour avoir accès à votre cible, accéder à des missions plus rentables, optimiser vos ressources et vos efforts, il est temps pour vous de créer des relations régulières et fortes avec de (nombreux) partenaires stratégiques.
Qu'est-ce qu'un partenaire stratégique?
C'est une entreprise qui vérifie les critères suivants:
- tout ou partie de ses clients fait partie de votre cible
- ses produits ou services sont complémentaires aux vôtres
Remarque: vous pouvez aussi envisager d'être sous-traitant pour un concurrent. Dans ce cas, ce doit être une grosse boite qui n'a pas assez de ressources pour honorer un flux de contrats important. Attendez-vous à ne percevoir qu'une partie (moins de 50% probablement) du montant total de la mission. Méfiez-vous des "petits" concurrents qui vont vous faire miroiter du business dans le seul objectif de mieux vous cerner, de connaître votre stratégie, voire au pire de "pomper" vos idées. Dans tous les cas, soyez attentif à équilibrer la relation et à obtenir une réciprocité dans les informations données (Personnellement, j'applique la règle suivante avec les "petits" concurrents: si en un délai raisonnable, assez court en fait, je ne vois rien venir, je laisse tomber)
- elle a une culture de la coopération. Cette entreprise apprécie de travailler avec des professionnels de qualité, extérieurs à son organisation
- elle peut tout à fait envisager de vous faire rencontrer ses clients
Gardez en tête que ces partenaires feront du business avec vous s'ils vous connaissent bien, s'ils apprécient votre savoir-être et votre savoir-faire, si vous leur inspirez confiance.
Comment les aborder, que leur dire
Lorsque vous rencontrez ou prenez contact avec un partenaire potentiel soyez clair sur vos objectifs et ayez le bon état d'esprit:
- votre n'avez rien à lui vendre
Remarque: Ne commettez pas l'erreur d'adopter un discours commercial. Vous prenez le risque de mettre à mal la relation débutante. Mettez-vous en tête que c'est un entretien de découverte
- passez 90% de la conversation à découvrir votre interlocuteur et son entreprise, ainsi que ce que vous pourriez lui apporter comme valeur ajoutée
Ne parlez de vous que lorsqu'il vous y invitera. L'occasion se présentera sûrement du fait de la règle sociale de réciprocité: vous lui avez montré de l'intérêt, il en fera de même. S'il ne le fait pas et que l'entretien arrive à son terme, c'est que vous ne l'intéressez probablement pas, peut-être vous considère-t-il comme un "petit" business (ou il se peut aussi que ce soit une personne qui manque singulièrement de savoir-vivre), ou il vous a trouvé "ennuyeux", ou alors vous lui avez fait une mauvaise impression - notamment, en balayant une cible large ou en présentant laconiquement votre activité.
Pour ne pas avoir l'impression d'avoir perdu votre temps, ayez le réflexe de lui poser des questions sur son secteur. Essayez d'identifier des opportunités dans son environnement avec d'autres acteurs.
- lorsque votre interlocuteur vous demandera de parler de votre business, présentez votre cible
Entraînez-vous à faire une présentation courte mais concise de votre activité. Soyez précis sur votre cible
- et mentionnez brièvement ce que vous proposez et les résultats que vos clients obtiennent avec vos services
Si vous en avez la possibilité, prenez un cas qui correspond particulièrement au type de clientèle de votre interlocuteur et racontez l'histoire de ce cas. Mettez en valeur les résultats et les bénéfices apportés à ce client
- proposez-lui un moyen de découvrir concrètement votre savoir-faire
Offrez-lui un rapport que vous avez rédigé, une enquête que vous avez réalisée, une heure de conseil, une heure de coaching, etc. Il serait pertinent de créer un ou plusieurs "produits connaissance" que vous pourriez remettre à vos partenaires potentiels.
- saisissez "l'instant de grâce" qui vous permettra de lui demander s'il pourrait envisager de vous recommander auprès de ses clients et sous quelle(s) condition(s)
J'appelle "instant de grâce", ce moment où vous sentez que vous avez réussi à nouer une relation de confiance avec votre interlocuteur, vous sentez que vous êtes crédible et que vous avez du "business appeal" à ses yeux.
Cet instant sera encore plus clairement défini s'il vous demande "comment trouvez-vous vos clients?", ou quelque chose d'approchant.
Préparez-vous également à répondre à la question "comment saurais-je si le contact ou le client que j'ai est un bon prospect pour vous?". Répondre à cette question revient à décrire votre cible et les problèmes qu'elle rencontre et aux quels vous apportez une solution.
- avec doigté, tâchez de découvrir s'il a des réserves ou des préoccupations à votre sujet ou sur les recommandations en général
Tâchez de savoir si ces réserves sont liées à des mauvaises expériences vécues par le passé. Ayez le réflexe de rendre explicites les raisons d'un malaise ou d'une réticence que vous avez senti chez votre interlocuteur.
- profitez de chaque instant de la conversation pour démonter votre professionnalisme et la qualité de vos services et de votre personne
Si votre interlocuteur est une personne d'expérience, ayant le sens du business, je vous conseille de bien travailler la présentation de votre positionnement (cible, problématiques adressées, solutions apportées, résultats et bénéfices obtenus par le client). Sinon, vous passerez pour un amateur.
Comme je l'ai écrit plus haut, lors de l'entretien vous êtes là pour en apprendre un maximum sur votre interlocuteur et son business, pour lui poser des questions.
Mais quelles questions lui poser?
Nous verrons cela dans une prochaine note (Partie II).
Et dans une troisième partie, j'aborderai la question suivante "Comment trouver ces partenaires stratégiques? Quels critères retenir?"
J'aimerais savoir, si vous-même avez développé cette stratégie et comment vous vous y êtes pris...
PS: Pour écrire cette note, je me suis inspirée du livre de Stephen G. Fairley et Chris E. Stout intitulé "Getting Started in Personal and Executive Coaching"
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